dinsdag 14 november 2017

Amorphous - Shapeshifting (CD review)



Genre: EBM - Electro - Minimal - Techno
Label: Wave Records
Rating: 8,5/10

Amorphous is the solo project of Gil OS, who was formerly active in the Brazilian dark electro band Morgue (later renamed to Morgue Mechanism). It is a pure coincidence that I have gotten his album 'Shapeshifting' for review. In one of my previous reviews, I was talking about my unofficial German "PR agent" with whom I occasionally go to dark electro performances in Germany. While we were on our way to the Lauscher vs Oldschool festival in Erfurt in late September, 'Shapeshifting' was playing in the car. I did not know Amorphous at the time, but I was pleasantly surprised and planned to buy the album myself. However, this did not prove necessary, as less than 3 weeks later, our promo manager brought this album to the editor meeting. The Brazilian label Wave Records had sent a promo package and much to my surprise, 'Shapeshifting' was also included in the package. It seemed like it was meant to be that I would review this album.

Just like Morgue Mechanism, Amorphous moves within dark electro territory, but the music is broader than that. I hear elements of old-school electro and EBM, minimal synth and even techno. Gil's distorted vocals - typical of the (dark) electro genre - are omnipresent on the album, although in the tracks 'Brave New World' and 'Irreversible', he appeals to the female spoken word of Torsykes and N3VOA lends his vocals to 'Unilateral'. I do not particularly like the female spoken word tracks (although I have to admit that 'Irreversible' has something), but the compelling singing style of N3VOA does captivate me. However, it is the tracks with Gil as vocalist which I prefer. His voice has been treated in various degrees and has also been submitted to other effects (reverb or delay, I think), which in combination with the layered synths that are equally susceptible to effects, provides for a rich sound. Add some samples and you will believe that you are back in the 90s. Even though the music of Amorphous certainly has some more contemporary elements as well (more about that later).

The 2 tracks which I already deemed brilliant at the time of my trip to Erfurt are 'Amorphous' and 'First Simulation'. 'Amorphous' contains a description - lasting for almost 9 minutes - of the shapeless beings (angels, demons, ghosts, spirits, shadows) that populate our dimension. The spoken lyrics are taken from a poem by Creepypasta Wikia. It is an atmospheric track with unearthly sounding vocals, which unfolds in an ingenious manner and gets creepier as it progresses. Especially when the track arrives at the point where it becomes clear that the amorphous beings - immortal themselves - are intrigued by the death of humans, a process that they sometimes dare to speed up. 'First Simulation' is a reworked version of the track 'Simulation' by Morgue Mechanism, which is on the 'Old School Electrology' box from Electro Aggression Records. This contemporary version is full of techno influences and is truly well-made. It is hard to sit still during this song.

Aside from these, 'Shapeshifting' contains some other memorable tracks that I have only started to appreciate along the way. For instance, there is the lovely dark electro opening track 'Second Nature', the rather minimal 'Antisocial', as well as 'Stimulus', which is once again influenced by techno. The most wayward track, however, is 'Secret Society', which starts with drums and bass guitar (as well as a rather peculiar wah-o-wah sound effect) and only bursts into electronic violence near the third minute. The instrumental 'Shapeshifting' - a collaboration with Morpheus Laughing - is solid as well. On the other hand, I am not so crazy about the EBM songs 'Enlightenment' and 'Dystopia', and neither about the above-mentioned collaborations with Torsykes. But considered as a whole, this album is varied and entertaining and as far as I am concerned, one of the better promos of this year.

CD review: Marjolein Laenen




dinsdag 5 september 2017

The Hermetic Electric : A savoir si notre évolution était voulue. Oui, je crois qu'on va toujours vers ‘le mieux’, non?

The Hermetic Electric de Namur a récemment sorti son premier cd ‘Feel Nothing’. Ils jouent à notre Dark Entries Night le vendredi 8 septembre 2017. Nous avons eu une conversation avec Holly (chant, guitare), Elfi (claviers) et Mathieu (basse).

Avec ‘Feel Nothing’, vous avez officiellement sorti votre premier CD. J’ai l’impression que c’est un disque qui prend un peu de temps à être apprécié, mais plus je l’écoute, plus je l’aime. Vous êtes contents du résultat?

Elfi : J’adore ‘Feel Nothing’! Chaque chanson à un sens particulier dans l'univers ‘Feel Nothing’. Elles ont été créent dans l'émotion, le sentiment, nos sentiments... C'est peut-être la raison pour laquelle il prend du temps à être apprécié ? Je ne sais pas.

Mathieu : Oui très content du résultat, vraiment , comme le dit Elfi, c’est un album sentimental aussi pour nous.  Il faut peut-être un peu de temps pour le comprendre, comprendre nos émotions à l’intérieur de cette musique.

Holly : Très heureux car l’album est vraiment représentatif de ce qui se dégage lorsque nous sommes ensembles. Tout vient naturellement et très facilement, comme par magie. Je pense que cette magie s’entend sur l’album et c’est pour moi le plus important.

Il est étonnant que le disque est sorti sur le label Dark Italia. Comment ça s’est passé ?

Mathieu : C’est un honneur pour nous, mais Holly aura le fin mot de la question.

Elfi : J’en suis très contente mais Holly répondra mieux que moi à cette question.

Holly : Cela s’est fait très simplement. J’ai fait écouter les démos de l’album à Alessandro et Luca de Nero Moderno, ils ont beaucoup aimé. Alessandro a pris l’initiative de les faire écouter à Maurizio (le patron de Dark Italia) qui a tout de suite voulu sortir l’album sur le label.

Votre son est bien sur influencé par la new wave, mais en mixant ça avec des rythmes un peu plus complexe du style trip hop, vous avez su créer un son assez original. C’est important pour vous ?

Mathieu : J’ai fait la rencontre The Hermetic Electric plus ou moins vers la sortie  du deuxième EP. J’ai accroché tout de suite car quelque chose de spécial ressortait déjà de ce duo (Holly & Elfi) . Il n’était déjà pas simple de leur coller une étiquette musicale : New, Dark, Electro Wave ?? Quand Holly m’ a proposé de venir les rejoindre , je n’ai pas réfléchis plus d’une demi seconde. Et comme si tout était déjà prévu le « Trio » s’est mis en place sans aucuns freins… On a fait cet album sans ligne de conduite, sans se dire « on fait ça comme ça ou comme-ci » Le mélange d’influences a fonctionné spontanément.

Elfi : Pour moi c'est une évolution indéniable, Je pense que Mathieu est à l'origine de cette dernière évolution rythmique. La cohérence est importante et qu'elle soit original est un sacré plus!!!

Holly : Ce son est la résultante d’un processus naturel, nous n’avons rien calculé. Comme le dit Mathieu, tout est spontané.

Vous aviez déjà sorti plusieurs EP avant ‘Feel Nothing’. Ce qui m’a touché, c’est que chaque EP à une identité distincte des autres, avec une vraie évolution dans le son. Etait-ce voulu ?

Mathieu : Les 3 premiers EP sont sortis de la tête d’Holly, il a à chaque fois évolué, et pour le troisième Ep encore plus, étant donné l’arrivée d’Elfi à ses côtés ! Pour l’album ‘Feel Nothing’ , je les aies rejoint , j’avais quelques doutes sur ce que j’étais capable de leurs apporter… après ce fabuleux titre ‘City Drama’ de L’EP 3 …  Je ne sais pas si on a vraiment fait mieux mais une chose est sûre … Nous avons fait différent ….  Et j’adore le résultat de ‘Feel Nothing’ autant que la première fois que j’ai entendu ‘City Drama’.

Elfi : ONE EP et TWO EP ont été créé par Holly, je suis arrivée ‘discrètement’ sur le troisième EP. Et Mathieu nous a rejoint pour ‘Feel Nothing’. Voilà un départ d’explication. Chacun de nous évolue aussi avec le temps, on apprend à jouer ensemble... A savoir si c'était voulu, oui je crois qu'on va toujours vers ‘le mieux’ non?

Holly : En effet, mais j’insiste sur le fait que tout s’est fait naturellement. C’est clair qu’un musicien tente toujours de faire évoluer son son mais il est très agréable de constater que ça s’entend !

Dans les influences, on a du mal à échapper à The Cure. On note en particulier le son des guitares tourmentées. Quelle importance a The Cure pour vous ?

Mathieu : Question pour Holly car je ne suis pas vraiment influencé par The Cure personnellement.

Holly : The Cure a toujours été et reste un exemple à suivre. Pas seulement musicalement mais également dans la façon d’appréhender le fonctionnement d’un groupe. The Cure m’a enseigné qu’être dans un groupe est avant tout une aventure humaine basée sur l’amitié.

Holly, j’ai appris que tu avais même des contacts avec Cindy Levinson, la femme de Lol Tolhurst, ancien batteur et clavier de The Cure. Tu lui aurait même avisée de sortir une version française de la biographie de son mari. Tu peux m’en dire plus?

Holly : Cindy est adorable et il est vrai que nous échangeons de temps à autre quelques mots. Je lui ai effectivement suggéré la maison d’édition ‘Le Mot et le Reste’ pour la version française de ‘Cured’ car j’avais réellement apprécié leur travail pour l’édition française du livre de Peter Hook sur Joy Division. J’ai été très heureux de voir que ce n’était pas tombé dans l’oreille d’un sourd. (rires)



The Hermetic Electric a vu le jour en 2013, si je suis bien informé. Comment c’est formé le groupe? Aviez-vous déjà eus des projets musicaux avant le groupe?

Mathieu : Oui, mon groupe s’appelait « Polucse » et c’est entre autre grâce à ce projet que j’ai pu faire la connaissance d’Holly et Elfi. J’ai rejoint ces des personnes formidables l’année passée pour une belle aventure.

Elfi : J’ai rencontré Holly et sa passion musicale il y a bientôt 5 ans, je ne jouais d'aucuns instruments. Il m'a progressivement poussée derrière le clavier et pour le troisième EP il m'a enregistrée!!! C'est parti comme ça... Ensuite nous connaissions Mathieu avec son projet Polucse, Holly m'a dit, si un jour quelqu'un doit faire de la musique avec nous, c'est Mathieu! C'était il y a 3 ans, un an et demi après Holly vient me voir et me dit ‘haha Mathieu vient à la prochaine répèt’. Depuis, The Hermetic Electric est un trio dans l’âme.

Holly : J’ai toujours travaillé seul en studio et un premier Ep est sorti en 2010 sous le nom de « Naboo ». Je me sentais frustré car il m’était impossible d’aller seul sur scène. Elfi résume très bien ce qui s’est passé ensuite et j’en suis très heureux.

Vous avez pas mal de concerts de prévu. Vous jouerais entre autres à la Dark Entries Night (8/9/2017) et au New Wave Festival à Liège (23/9/2017). Pourquoi nos lecteurs devraient essayer de voir The Hermetic Electric en concert?

Mathieu : Parce que c’est en concert que nos émotions se vivent le mieux . Nous vivons notre musique.

Elfi : Parce qu'on ne fait pas que jouer nos morceaux. On les partagent. Nous sommes vraiment fières de ‘Feel Nothing’. C'est toujours un plaisir de jouer et voir si nous arrivons à vous emmener dans notre monde.

Holly : Tout simplement parce que c’est sur scène que nous prenons notre pied et que ça se sent!

Holly, tu as ton propre studio où tu enregistre aussi d’autres groupes. J’ai vu que tu travailles en ce moment au premier disque de Messier 39, un groupe que nous apprécions beaucoup et que nous avons aussi déjà invités à une Dark Entries Night. Parle-nous un peu de tes activités liées au studio?

Holly : C’est un réel plaisir de travailler avec d’autres groupes. Je me sens vraiment à ma place dans un studio. Le Black Studio est mon refuge, ma ‘caverne’ comme le dit Elfi. L’ouvrir à d’autres et les accueillir dans mon univers me plaît vraiment beaucoup… J’aime à croire qu’il s’agit avant tout d’un échange mutuel entre les groupes qui passent ici et moi-même.

Merci pour l’interview. Vous voulez encore ajouter quelque chose?

Merci Dark Entries pour l’invitation à votre « Night ».


woensdag 2 augustus 2017

The Breath Of Life: Don’t we all hide a dark side and a certain disgust under a beautiful appearance?

With ‘Under The Falling Stars’, The Breath Of Life has delivered a fantastic album. They think so themselves, by the way, as we found out in a conversation with Isabelle (vocals), Phil (guitar) and Didier (bass) about the album and all the things that accompany it.
'Under The Falling Stars' is the 8th studio album of The Breath Of Life. I think it's one of the best. Did you intend to reach this high with this record?
Phil : We have always tried to give the best for each record, but there are some things that you do not always control. I think that in this case everything was right to get a good result. In the past also, we never agreed about a certain goal. We just made it happen. This time, we made recordings and nobody heard the results before we sent them to Gilles Martin in France. When he informed us that ‘your record is a blow’, we knew were not mistaken. What a relief!
Isabelle : Thank you. We always give the best for each record. Certainly we would like to play more. Sharing this album and making it live on stage is very important to us.
For this record, Philippe Mauroy played the guitar and Didier Czepczyck the bass. We have noticed that they both master the two instruments well, and that they often change from instrument on stage. Has the choice to play only one instrument per musician contributed to the coherence of the record?
Phil : I have been absent from the group for a number of years. When I came back we had to ensure some performances. During my absence, the group recorded two records with Didier on guitar. Initially, Didier played guitar on his own songs, all the more because we had a very different style and that I could hardly play his pieces. (Laughs) Afterwards, it seemed better that each one would retain a preferred instrument. It must be said that Didier excels at the bass and really gives a beautiful colour to the songs. As for the guitar, I let you judge yourself.
Didier : I really think that if I and Phil had to alternate the guitar, this would have reduced the coherence on the record to zero. Phil reminds me of the more excited moments of Jean Marie Aerts in TC Matic. And if he plays a bit softer, he has the romantic tendency to stroke his strings like Justin Jones of And Also The Trees. I am - at my modest level - more in the league of Billy Duffy or John Mc Geoch. Actually, I believe that two guitarists can quickly become as problematic for a group as having two singers. For example, I'm a big fan of Depeche Mode, but if Martin Gore takes over the vocals from Dave Gahan, I like it less.
Giovanni Bortolin, on the other hand, continues to combine the violin and the keys. I think his violin is well represented on the new record and is giving much identity to the group. What do you think?
Phil : Absolutely, it's an essential element. We can hardly think of The Breath Of Life without Giovanni and his violin. I do not know how it's with you, but personally I've never heard anybody like this violin. Together with Isabelle's song this is probably what the listener most notices about The Breath Of Life.
You've released two amazing videos with songs from 'Under The Falling Stars'. How did that happen?
Isabelle : We are lucky to be able to have the highly talented Jean-Gérard Dermine among our close friends. He is very open and very creative. His talent and his ability to bring things to a good end is impressive. And he is still working to prepare new surprises!
Phil : Indeed. It is our friend Jean-Gérard Dermine who has provoked this all. For 'Crime Passionnel', he asked a couple of tango dancers and a few figurants to participate. For 'Blackout', the setting of the Cockerill framework in Charleroi was sufficient.


The lyrics in your songs seem to emphasize the flight in dreams. Is this theme dear to the band?
Isabelle : Dreams are fundamental and help me to progress. I regularly notice that I am daydreaming. I love it. In addition, I cut several themes on this album, such as psychic manipulation on ‘Hide’, Malala Yousafzai's tragic story on ‘Blackout’, the interaction between feelings, thoughts and deeds in 'A New Reality', the importance to take distance and take a view from above to understand more complicated situations in ‘Higher’...
The cover of the CD shows a photograph of a boat stranded on a beach, taken by the extraordinary photographer Xavier Marquis. Why did you choose this picture?
Phil : Because of the atmosphere. I immediately felt a harmony between our music and the lyrics of Isabelle. And also with the title she had chosen for the record ('Under The Falling Stars'). Imagine that this boat stranded on an evening, under a sky full of stars. Don’t we all hide a dark side and a certain disgust under a beautiful appearance?
Isabelle : The photo was taken by Xavier Marquis, yet another person with a lot of talent who is passionate about his art.
Your new CD is a collaboration between Wool-E Discs and your own Music Language Records. Why?
Phil : It's the first time we publish a record ourselves, just because we noticed that the role of a record label has changed dramatically. In the past, they did everything they could to release our records, but today, such traders are no longer available. Only a few fearless people like Wool-E Discs continue to provide courageous resistance, out of passion. Everything is done via the internet, and at our level, labels have become a meaningless intermediate level.
In the past, you have released albums on labels like 'Hall of Sermon' of Lacrimosa or 'Danse Macabre' of Das Ich. Do you still have ties with these labels?
Isabelle : Surprisingly, Bruno Kramm of Das Ich asked us - 15 days before the Wave-Gotic-Treffen in Leipzig - to play as a main act on one of the WGT's podiums.
You also release a limited edition of the record on vinyl, next to the CD. Unfortunately, it will contain only 8 out of 11 numbers due to lack of space. Why this choice?
Phil : As you indicate, this is due to the limited possibilities of a vinyl and therefore not a real choice. It would be technically possible to put more songs on the vinyl, but that would have been at the expense of sound quality. So we have deleted three songs. That vinyl is a gift we have given ourselves.
Do you want to add something else? We give you the last word.
Phil : We do not need a label anymore, but an effective booking agency for performances would be welcome. The call has been made...

The Breath Of Life
Pictures: Xavier Marquis

The Breath Of Life: Sous une belle apparence, n'avons-nous pas aussi un côté obscure et une tristesse enfouie?

Avec ‘Under The Falling Stars’, The Breath Of Life a produit un nouvel album fantastique. Ils en sont convaincus eux-mêmes, comme nous avons pu constater dans notre entretien avec Isabelle (chant), Phil (guitares) et Didier (basse) sur l’album et toutes les choses qui l’entourent.
‘Under The Falling Stars’ est le huitième album studio pour The Breath Of Life. Je pense que c’est l’un des meilleurs. Aviez-vous l’intention de frapper fort avec ce disque ?

Phil : Nous avons toujours essayé de donner le meilleur de nous pour chaque album mais  il y a des choses que l’on ne maîtrise pas forcément. Dans ce cas, je crois que les éléments étaient réunis pour que le résultat soit bon.Comme toujours nous n'avons pas discuté d'une direction à prendre, nous avons vraiment laissé les choses se faire. Nous avons fait les prises de sons nous-mêmes et personne n'avait entendu le résultat avant que nous les envoyions à Gilles Martin pour le mixage en France. Quand il nous a envoyé un message disant « votre album est une tuerie », ouf, on savait qu'on ne c'était pas trompé.
Isabelle : Merci.  On espère toujours le meilleur pour chaque album.  Ce qui est certain est que nous aimerions jouer davantage.  Partager ce nouvel album et le faire vivre sur scène est important pour nous.
Pour cd disque, Philippe Mauroy joue la guitare et Didier Czepczyk  joue la basse. Nous avions remarqué que chacun de ces musiciens joue très bien les deux instruments et les échangent souvent sur scène. Est-ce que le choix pour jouer seulement un instrument par musicien a bénéficié à la cohérence du disque ?
Phil : J'ai été absent du groupe quelques années et lorsque je suis revenu, nous avons dû assurer quelques concerts. Pendant mon absence, le groupe a enregistré 2 albums avec Didier à la guitare. Dans un premier temps Didier a continué à assurer la guitare sur ses morceaux en live. D'autant que nous n'avons pas le même jeu et que j'avais un peu du mal à les reproduire correctement. (rires)
Par la suite il nous a semblé plus intéressant de garder chacun un instrument de prédilection. Et il faut dire que Didier assure merveilleusement à la basse et donne vraiment une belle couleur aux chansons. Pour la guitare, je vous laisse juges.
Didier : Je crois sincèrement que, si Phil et moi, avions alterné les parties de guitares, cela aurait nui à la cohérence de l’album. Phil, dans ses moments d’énervement, me fait un peu penser à Jean Marie Aerts période « TC-Matic ». 
Et quand il se fait plus doux, il a cette façon romantique de caresser  ses cordes à la manière de Justin Jones de « And Also The Trees ». J’adore mais je n’arrive pas facilement à faire pareil. Je suis plus, à mon humble niveau, dans la mouvance Billy Duffy ou John Mc Geoch. En fait, avoir deux guitaristes dans un groupe peut vite devenir aussi problématique que d’avoir deux chanteurs. Par exemple, je suis grand fan de Depeche Mode, mais quand Martin Gore pousse la chansonnette à la place de Dave Gahan, j’aime moins.
Giovanni Bortolin, lui, continue à combiner le violon et les claviers. Je pense que son violon est bien mis en évidence sur le disque et est un atout qui donne beaucoup d’identité au groupe. Qu’en pensez-vous ?
Phil : Bien sûr, c'est un élément essentiel. On imagine difficilement TBOL sans Giovanni et son violon. Je ne sais pas vous mais personnellement je n'ai jamais entendu un violon utilisé de cette façon. Avec le chant d'Isabelle c'est sans doute ce qui marque le plus l'auditeur.
Vous avez sorti deux superbes vidéos pour des morceaux du disque. Comment vous y êtes-vous pris ?
Isabelle : Nous avons beaucoup de chance de compter parmi nos amis proches, le talentueux Jean-Gérard Dermine.  Il est très ouvert et très créatif. Son talent et sa débrouillardise pour réaliser le tout est assez spectaculaire.  Il est d’ailleurs occupé à nous préparer de nouvelles surprises !!!
Phil : C'est un ami, Jean-Gérard Dermine, qui nous a concocté ça. Pour « Crime Passionnel », un couple de danseurs de tango est venu pour y participer ainsi que quelques figurants. Pour « Blackout », le cadre du Rockerill à Charleroi se suffisait à lui-même.


La thématique des chansons accentue beaucoup la fuite dans le rêve. Ce thème est-il précieux pour le groupe ?
Isabelle : Le rêve est fondamental et m’aide à aller de l’avant.  Je me surprends régulièrement à rêvasser.  J’adore ça.  En outre, j’aborde plusieurs thèmes sur cet album, tels que : la manipulation mentale dans «Hide», l’histoire tragique de Malala Yousufzai dans «Blackout», la rupture totale d’une personne vis à vis de sa passion dans «Crime Passionnel», l’interaction entre le sentiment, la pensée et l’action, dans «A New Reality», l’importance de prendre du recul et de la hauteur pour tenter de mieux comprendre des situations difficiles dans «Higher» …
La pochette montre une photo d’un bateau échoué sur la plage, prise par l’excellent photographe Xavier Marquis. Pourquoi avez-vous choisi cette photo ?
Phil : Pour son atmosphère car j'ai ressenti une concordance avec notre musique et les textes d'Isabelle. Et puis aussi la relation avec le titre de l'album qu'elle avait choisi (Sous Les Etoiles Filantes). Imaginer que ce bateau s'est peut-être échoué, un soir, sous un beau ciel étoilé ? Sous une belle apparence, n'avons-nous pas aussi un côté obscure et une tristesse enfouie?
Isabelle : C’est une photo qui a été prise par Xavier Marquis. Une autre belle personne avec beaucoup de talent et passionné par son art.
Votre nouveau CD sort en collaboration avec Wool-E Discs et votre propre label Music Language Records. Pourquoi ce choix ?
Phil : C'est la première fois que nous autoproduisons un album. Simplement parce que nous avons remarqué que le rôle des maisons de disque ou labels avait bien changé. Avant ils se démenaient pour vendre votre disque mais aujourd'hui les disquaires n’existent pratiquement plus. Seuls quelques irréductibles comme « Wool E Disc » survivent par passion. Tout se fait par internet et, à notre niveau, les labels sont devenus un intermédiaire inutile.
Dans le passé, vous avez sorti vos disques sur des labels comme Hall of Sermon de Lacrimosa et Danse Macabre de Das Ich. Vous avez encore des liens avec ces maisons de disques ?
Isabelle : Quinze jours avant le « Wave-Gotik-Treffen Festival » de Leipzig, Bruno Kramm de Das Ich est venu nous chercher pour jouer en tête d’affiche dans une des salles du « WGT ».
A part le CD, vous sortez aussi une version limitée sur vinyl. Malheureusement, vu la capacité, le vinyl contient seulement 8 des 11 chansons. Pourquoi ce choix ?
Phil : Comme vous le dites, c'est pour une question de capacité et pas vraiment un choix. Mettre plus de titres sur le vinyle aurait éventuellement été possible mais cela aurait nui à la qualité sonore. Nous avons donc dû enlever 3 morceaux.
Le vinyle est surtout un petit cadeau qu'on s'est offert.
Vous voulez encore ajouter quelque chose ? Nous vous donnons le dernier mot

Phil : Nous n'avons plus besoin de label par contre une agence de booking efficace pour les concerts serait la bienvenue. L'appel est lancé ...

Photos: Xavier Marquis

The Breath Of Life